Published On: dim, Nov 22nd, 2015

Automobile : au marché d’El Harrach, l’occasion plus cher que le neuf

Automobile : au marché d’El Harrach, l’occasion plus cher que le neuf

 
Le vendredi n’est pas une journée de tout repos pour des milliers d’Algérois. Dans la commune d’El Harrach, dans la banlieue-est de la capitale, le souk hebdomadaire du D15 attire une foule gigantesque. Un marché informel débordant où on trouve de tout : voitures, motos, vélos, habits, électroménagers, pièces détachées et même des animaux. Un centre commercial à ciel ouvert. Le tout dans une anarchie « bien structurée ».

Ce rendez-vous hebdomadaire cause des bouchons asphyxiant tous les accès à la commune d’El Harrach. À proximité de l’hôpital Salim Zmirli, les ambulanciers peinent à se frayer un chemin malgré le déploiement des éléments de la police pour fluidifier la circulation routière.voiture-occas-600x338

Cette popularité lui vient de la diversité des produits exposés. Tout le monde vient dénicher « la bonne affaire » au milieu de cette désorganisation encadrée.

Mais la majorité des visiteurs sont là pour la « foire » hebdomadaire de l’automobile. Du neuf et de l’occasion, le souk d’El Harrach accueille pas moins de 2 500 voitures chaque vendredi, nous confie l’un des agents à l’entrée du marché. 800 DA, c’est le prix à payer pour avoir le droit à une place afin d’exposer son véhicule : « Des gens y passent même la nuit pour avoir un meilleur emplacement » raconte un autre agent.

Les meilleures affaires se font très tôt le matin entre 3 et 7 heures avant même l’afflux, vers 7h30, d’une masse humaine, composée à 99,9% d’hommes. À midi, tout ce beau monde devra quitter les lieux, laissant derrière eux des tas d’ordures. Le devoir de l’appel à la prière du vendredi l’oblige.

Après plusieurs échanges avec quelques revendeurs, ils s’accordent tous pour dire que l’Algérien recherche d’abord des voitures françaises et allemandes puis coréennes : « L’Algérien a toujours préféré la voiture française par rapport à la disponibilité de ses pièces détachées », nous explique Hamid, revendeur depuis cinq années. À la tête des françaises, la Clio Campus finition City qui affiche 100 kms au compteur, se vend à 1 360 000 DA, soit plus de 20 000 DA qu’une neuve première main. Nous nous approchons d’un propriétaire d’une Renault Symbol, 1.6 essence édition Miladi (lancée à l’occasion de la première année de l’usine Renault en Algérie) avec quelques dizaines de kilomètres au compteur et demandons son prix : « On m’a proposé 128 millions [de centimes] ». Il nous confiera ensuite qu’il ne la cédera pas au-dessous de la barre de 1 300 000 DA. Pourtant, elle est actuellement en promotion chez le concessionnaire et est proposée à moins de 1 200 000 DA.

Pour la Peugeot 208 Allure Facelite HDI, les prix sont presque identiques au marché d’El Harrach que chez Peugeot Algérie. Plus chère dans le premier, mais pas la peine d’attendre 45 jours pour être livré comme l’affiche un site spécialisé dans l’actualité automobile en Algérie.

Du côté allemand, la Volkswagen Polo et la Seat Ibiza (propriété du groupe Volkswagen) sont toujours dans la tendance, malgré une décote mondiale : « Je suis un Sovacophile » nous dit Aniss en rigolant, venu chercher l’une de ces deux voitures pour repartir avec. Cette « Sovacophilie » a un prix : 300 000 DA d’écart entre D15 et le concessionnaire Sovac. La balance penche vers le D15 bien sûr. Pour une Ibiza année 2013 pack Fully avec un kilométrage avoisinant les 50 000 kms, il faut débourser pas moins de 1 250 000 DA.

Les petites voitures coréennes se vendent comme « des légumes » pour reprendre les termes de Sofiane, un habitué des lieux. Une i10 Hyundai GLS 2015 presque neuve se négocie entre 1 150 000 et 1 200 000 DA au-dessous de quelques millions de centimes par rapport au prix affiché par le concessionnaire. « Une Kia Picanto qui a roulé 142 000 kms, année 2010 s’est vendue à 90 millions [de centimes] (900 000 DA). L’indienne Maruti année 2012, « tu ne peux pas l’avoir à moins de 50 millions », nous affirme Sofiane.

Parmi les voitures japonaises, c’est la Toyota Yaris qui est la star. À 1 960 000 de dinar, elle est légèrement plus chère que chez le concessionnaire mais « très demandée » nous lance, fièrement, un jeune propriétaire d’une Yaris.

Dans la gamme supérieure en matière de motorisation, c’est la technologie allemande qui domine : Audi A3, Golf 7 et la Seat Léon. Pas moins de 3 000 000 DA. Concernant les voitures tout-terrain, ce sont encore les allemandes avec les Audi Q3 et sa suite et le Volkswagen Tiguan à partir de 4 200 000 DA, précise Farid, revendeur qui s’est « spécialisé » dans les modèles 4×4.

Du côté utilitaire, les « Harbines » (mini-camionnette de marques chinoises très utilisée par les vendeurs de légumes ambulants) atteignent la somme de 700 000 DA.

L’acheteur comme le vendeur et le revendeur évoquent le délai de livraison chez les concessionnaires pour justifier la cherté de ces modèles de seconde main. Hichem, chef de produit chez une marque japonaise, ne s’étonne pas de cette anomalie : « Cette hausse a débuté il y a des années. Le concessionnaire fixait le temps d’attente à 13 mois parfois. Il fallait atteindre un certain nombre de commandes pour un achat collectif auprès de la maison mère ou le distributeur exclusif. Puis, cela s’est accentué avec le blocage au port de tous les produits importés au début de l’année », explique Hichem. « Cette situation pénalise le citoyen et profite à un certain lobby dans le camp des revendeurs et concessionnaires. Le gouvernement doit réagir pour que ces pratiques cessent », conclut-il.
tsa

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