Published On: sam, Jan 12th, 2019

Les Algériens célèbrent ce samedi le nouvel an amazigh à travers le territoire national

C’est aujourd’hui, le 12 janvier, que tous les Algériens célèbrent le nouvel an amazigh 2969 à travers les différentes région du pays, avec chaque régions ses pratiques et coutumes.

Un nouvel an célébré, cette année, sous la pluie et la neige, ce qui est un bon présage pour les secteurs de l’Agriculture et de celui des Ressources en eau. Plusieurs manifestations et festivités sont au programme en cette journée désormais décrétée journée de fête nationale chômée et payée.

A Tamanrasset, dans le grand sud algérien, un colloque international sur le patrimoine est organisé en présence du ministre de la Culture. Il sera suivi d’un concours de la chanson amazighe.

L’envoyée spéciale de la Radio, Nesrine Cherikhi, nous décrit une ambiance particulière et les particularités de la célébration dans cette région avec les mets traditionnels. « Sur les tables garnies de l’Ahaggar, le ftet à la viande d’agneau et de chameau, la variante locale de la Chekhchoukha.

A Naama : engouement du public pour découvrir le patrimoine amazigh de la région
La semaine du patrimoine amazigh, qui a débuté jeudi à la place de «Vivre ensemble en paix» de Naâma, suscite l’engouement des citoyens et des visiteurs venus nombreux découvrir davantage les caractéristiques et rituels de célébration du nouvel an amazigh dans la région.

Cette manifestation culturelle, qui enregistre une participation de différentes associations locales, comporte des spectacles de chant, de danse et de folklore et des expositions de métiers manuels qui ont été appréciés par l’assistance notamment les jeunes venus découvrir des traditions liées aux symboles de l’identité amazighe et son histoire.

La célébration du nouvel an amazigh du 10 au 13 janvier en cours est caractérisée par des activités visant la promotion de la culture amazighe et la préservation du patrimoine qui demeure ancré dans les ksours des communes de Asla, Ain Warka et Sfissifa où la population est jalouse du patrimoine matériel et immatériel amazigh remontant à plusieurs siècles, a souligné le directeur de la culture, Saad Mihoubi.

Les expositions proposées par des artisans et des associations locales dont «Hawa» de la culture et du patrimoine, «Bent El Ksour», «Ouled Sidi Ahmed El Medjdoub» de Asla et Djebel Aissa, sont diverses et variées mettant en exergue des bijoux traditionnels, des instruments de musique et des objets de poterie et d’alfa, entre autres.

A l’intérieur de la tente traditionnelle dressée au centre de cette exposition, les visiteurs découvrent des plats traditionnels prisés au nouvel an amazigh dont Berkoukès, Tammina, Zrizri, Maakra préparée à base de dattes, de semoule et de beurre traditionnel «Smen» en formes de boules, ainsi que le couscous.

Des artisans participants à cette exposition, qui étale aussi des gammes d’habits traditionnels en laine dont kechabia, djellaba et burnous, excellent en pareille fête, de même que des associations et autres intéressés à la culture amazighe.

Un participant et membre de l’association «Ahbab Moulay Tayeb» du folklore de la ville de Mécheria, a exprimé sa joie de participer à cette manifestation valorisant ce patrimoine.

En ouverture de cette semaine, le public présent a assisté à des spectacles de danse populaire et de chant animés par des associations versées dans le patrimoine amazigh dont la troupe féminine «Hidous» d’Ain Sefra, la troupe de cavalerie «Ennour» et la troupe «Inma de Iguermaoun» de Asla qui a interprété des chansons du terroir amazigh à la salle des fêtes de la commune.

Une exposition du livre amazigh au hall de la maison de la culture de Naama et une autre de photos et d’affiches sur le patrimoine de la région figurent au programme de cette semaine, qui comporte également des conférences, des débats, des concours inter-écoles et un récital poétique en tamazight de plusieurs poètes dont Bouzid Mustapha, Mechri Othmane, Tahar Bouzar, ainsi qu’un atelier d’initiation à l’écriture Tifinagh animé par le chercheur, Talbi Hakim.

A Tébessa : des traditions symbole de fertilité, de vie et de prospérité
Le nouvel an amazigh, coïncidant avec le 12 janvier de chaque année, est célébré à Tébessa, capitale des Nememcha, à travers une multitude de traditions ancestrales symbole de fertilité, de vie et de prospérité, dont le séculaire cérémonial dédié à l’eau.

Parmi les nombreuses traditions célébrant Yennayer dans la wilaya de Tébessa, les femmes accueillent le nouvel an amazigh en remplissent d’eau les divers ustensiles du foyer, symbole de fertilité, de vie, de prospérité et d’abondance pour la nouvelle année.

Elles procèdent également à un grand nettoyage de la maison à cette occasion, changent leur décoration intérieure et mettent des herbes sur les toits de leurs maisons pour accueillir le nouvel an dans la joie.

Les habitants des 28 communes de la wilaya de Tébessa célèbrent par ailleurs cette fête dans une atmosphère particulière et joyeuse, commémorant l’identité amazighe de la société en rassemblant tous les membres de la petite et grande famille autour d’une même table garnie de plats et de gâteaux traditionnels.

Les femmes préparent, à cette occasion, du couscous à base de sept légumes, à savoir pomme de terre, poivron, courgette, carotte, oignon, pois chiches, haricots, ainsi que du poulet ou de la viande, servi dans un grand ustensile autour duquel se rassemble toute la famille.

«Cette occasion représente une opportunité pour réunir la famille et réconcilier les gens», a confié hadja Fatma de la commune de Griguer (50 km à l’Ouest de Tébessa) et «célébrer le début d’une nouvelle année agricole dans l’espoir qu’elle sera fertile et permettra de récolter une production variée», ajoute-elle.

La célébration de cet événement, chaleureusement accueilli dans la wilaya de Tébessa, représente une tradition importante permettant de pérenniser les us et coutumes des ancêtres, notamment la tradition consistant à renouveler les cinq pierres servant d’appui pour le «kanoun» sur lequel est cuit le repas de yennayer.

Diverses activités culturelles et folkloriques sont également programmées, à l’occasion, à travers les établissements culturels et scolaires de la wilaya, afin de célébrer le patrimoine historique et culturel de la civilisation amazighe à travers les siècles.

«La célébration de Yennayer vise à perpétuer les coutumes et traditions amazighes faisant partie intégrante de l’identité culturelle algérienne», a affirmé à l’APS Adel Soltani, poète et chercheur en histoire et culture amazighes de Bir El-Ater.

Il a ajouté que ces coutumes ont trait à un concept général de fertilité, liées principalement à la terre et au cheptel, qui représentent des piliers fondamentaux dans la vie des citoyens.

Pour sa part, Abderrezak Belgacem, professeur de philosophie dans le cycle secondaire et chercheur en histoire amazighe de la région, a souligné que la célébration du nouvel an amazigh est héritée de père en fils, d’une génération à une autre, ajoutant que cette fête traduit «l’union nationale».

A Oum El Bouaghi : contes et jeux des aïeux pour célébrer «Amenzou n’Yennayer»
A l’instar de toute la région des Aurès, les habitants d’Oum El Bouaghi célèbrent à leur manière «Amenzou n’Yennayer» (le jour de l’an amazigh), perpétuant avec beaucoup d’attachement rites et traditions restés gravés dans les mémoires.

Si d’après les habitants de cette région la célébration de Yennayer est beaucoup moins ostentatoire qu’auparavant, il n’en demeure pas mois que de nombreuses familles veillent aujourd’hui à faire perdurer l’esprit du nouvel an amazigh et ses valeurs laissées comme héritages par les ancêtres.

Partout, au nord comme au sud de la région d’Oum El Boughi, la nuit de Yennayer est le théâtre de rites rappelant toute la singularité du peuple amazigh et les hautes valeurs qui le caractérisent tels que la solidarité, l’attention à ses proches ou encore l’esprit de famille.

Fadila Mechri, présidente de l’association locale «El Assala wa Tawassol» pour la promotion de la culture Chaouie dit à ce sujet que Yennayer est «une occasion pour de nombreuses familles de se retrouver et d’entretenir jalousement bien des traditions, comme celle qui veut que les membres de la grande famille se réunissent au coin d’un feu pour raconter une multitude de contes et de légendes».

«C’est dans cette atmosphère si joyeuse que les grand-mères s’évertuent à raconter des histoires véhiculant de belles leçons de vie comme «Loundja Bent el Ghoul», «El Zazia», «El Soltane» et autres contes populaires que les enfants comme les adultes écoutent avec beaucoup d’attention, poursuit-elle.

La tradition veut également que «les membres de la famille organisent la veille du premier jour de Yennayer, des jeux d’énigmes et devinettes mêlant rimes et subtilité et puisés dans notre patrimoine culturel immatériel», selon Mme Mechri.

Le repas de Yennayer, symbole de partage, d’unité et de l’amitié
En terre chaouie comme dans la plupart des régions du pays, Yennayer se veut une porte sur une ère nouvelle, un nouveau cycle, et sa célébration reste inscrite au plus profond des superstitions locales.

Ainsi pour accueillir la nouvelle année, il convient de nettoyer le foyer, les cendres sont évacuées et les «Inyen» où les pierres du «kanoun» au nombre de trois sont remplacées, alors aujourd’hui, même si les familles chaouies ont troqué leurs anciennes habitudes contre des moyens modernes et ne cuisinent plus leurs repas au feu de bois, les rites de nettoyage, de renouvellement de la vaisselle, se perpétuent encore dans de nombreux foyers de la région.

Le jour de Yennayer, un repas copieux est préparé pour le diner. «El Aich» (connu dans d’autres région sous le nom de Berkoukes), plat préparé à base de semoule en forme de gros grains de couscous, de légumes de saison, de fèves séchées et de viande sechée, demeure le «met phare» de cette célébration si particulière, relève Mme Khadra qui habite un petit hameau non loin de la commune d’Ain Fakroune.

«Dans mon village, l’on continue à perpétuer cette tradition culinaire qui veut que toute la famille se réunit autour de ce plat qui est généralement servi dans une +gassa’à+ (plat en bois ou en terre), spécialement confectionné à cette occasion», explique-t-elle.

Néanmoins, ce qui rend cette fête si unique, pour Mohamed, la soixantaine, originaire de la région de Lahssi dans la commune de Berriche, c’est cet esprit de communion et de solidarité qui continue à ponctuer le jour de Yennayer.

«A l’occasion de Yennayer, les voisins et amis échangent les voeux qui cimentent les relations», souligne-t-il.

Pour l’enseignant universitaire à la retraite, Mohamed Rachid Zemouchi, la promotion de la culture amazighe se doit d’être l’affaire de toute personne soucieuse de préserver l’identité culturelle de l’Algérie.

Regrettant de voir les rites associés à Yennayer disparaitre petit à petit dans sa ville d’Ain El Beida, cet académicien a appelé à promouvoir cette fête qui «fait partie intégrante de l’ensemble des traditions constituant l’identité des peuples du Maghreb et la richesse culturelle de la région».

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